Beaucoup d'entrepreneurs passent énormément de temps à créer leur application. Ils galèrent avec Claude, avec Lovable, ils recommencent, ils corrigent. Et quand enfin ça marche, ils pensent avoir fait le plus dur.
J'ai envie de te dire : ce n'est que le début des problèmes. Tu ne vois que le dessus de l'iceberg. Le chemin est encore long, et le plus dur reste peut-être à venir.
Dans cet article, je te partage pourquoi le vrai sujet n'est plus de construire ton app, ce que ça change si tu es en train de la créer, et pourquoi apprendre à la faire toi-même ne suffit pas.
Ton app terminée, c'est seulement la partie visible de l'iceberg
Tu passes 2 mois à créer ton application. Tu la mets en ligne. Et là… rien. Personne ne vient. Pas parce que ton app est mauvaise, mais parce qu'elle est littéralement INCONNUE. Sans stratégie de communication, sans stratégie marketing, tu ne peux rien faire.
Avec Claude Code ou Lovable, il n'y a quasiment plus de limite technique. Tu peux faire précisément ce que tu as en tête. C'est grisant… et c'est le piège. On se dit qu'un produit aussi réussi trouvera forcément ses utilisateurs.
Sauf que tout le monde fait la même chose en ce moment. Les stores d'applications débordent de nouvelles apps, et la découverte naturelle y est très faible : personne ne tombe sur ton app par hasard. Et quand quelqu'un finit par la télécharger, rien ne garantit qu'il la garde. Beaucoup d'utilisateurs suppriment une app le jour même où ils l'ont installée, et bien peu sont encore là un mois plus tard. Et ça, c'est pour une app gratuite. Ajoute un abonnement payant, et la marche devient encore plus haute.
Le mur, ce n'est pas le code. C'est la distribution.
La distribution, c'est tout ce qui fait qu'une personne qui a ton problème entend parler de ta solution : le bouche-à-oreille, Google, les réseaux sociaux, les communautés, la publicité. Tout ce qui se passe APRÈS que ton app existe.
Et c'est là que la majorité des entrepreneurs coincent. Ils ont mis toute leur énergie dans la construction, et il ne leur en reste plus pour la suite. Pire : ils n'ont jamais prévu de suite. Le jour de la mise en ligne arrive, ils postent un message sur LinkedIn, deux amis likent, et le compteur d'utilisateurs reste bloqué à 3 (dont leur mère).
Ce n'est pas un échec. C'est simplement que la deuxième moitié du travail n'a pas encore commencé.
Une app par mois : le pari des indie makers
Je ne sais pas si tu as connu la mode des indie makers. Ces créateurs indépendants faisaient le pari de construire une app par mois. Le plus connu, Pieter Levels, s'était lancé en 2014 le défi de créer 12 startups en 12 mois. Le principe était simple : tester une app par mois. Si elle trouvait son public et rapportait de l'argent, on continuait. Sinon, on abandonnait et on passait à la suivante.
Ce qui est intéressant, c'est que ces gens avaient compris quelque chose : une idée ne vaut rien tant qu'elle n'a pas rencontré son marché. Le but n'était pas de faire une app parfaite. Le but était de savoir, VITE, si des gens étaient prêts à l'utiliser et à payer.
Personnellement, je n'ai pas encore craqué le truc. Et quand on regarde de près les entrepreneurs solo qui vivent vraiment de leurs apps (en mettant de côté les quelques success stories qui font rêver tout le monde), on retrouve souvent la même méthode : ils ne font pas les apps qu'ils ont envie de faire, ils repèrent une niche où les apps existantes sont moyennes ou trop chères, ils sortent une version mieux faite et moins chère, ils réinvestissent tout en publicité, et ils recommencent.
Ça marche, a priori. Mais c'est un métier de marketeur, pas de créateur. Et si, comme moi, ce que tu aimes c'est transformer ta vision d'un produit en app, avec tes goûts et tes codes, ce n'est pas forcément le métier dont tu rêvais.
C'est toute la question. Créer, avec les outils d'aujourd'hui, c'est devenu presque facile. Ce qui est difficile, c'est tout le reste :
- trouver qui a vraiment le problème que tu résous ;
- savoir où ces personnes passent leur temps ;
- leur parler avec leurs mots ;
- les convaincre d'essayer, puis de revenir, puis de payer.
Rien de tout ça ne se règle avec un prompt. Et c'est précisément pour ça que tant d'apps très bien faites restent invisibles.
Tu es encore en train de créer ? Sors ton lot 1, vite
Alors pour toi qui es encore en train de construire, j'ai un seul conseil : priorise pour sortir ton lot 1. Le plus vite possible.
Pourquoi ? Parce que ton cas d'usage doit rencontrer son public rapidement, pour que tu puisses tester. Chaque semaine passée à peaufiner une fonctionnalité que personne n'a demandée, c'est une semaine de moins pour apprendre ce que tes clients veulent vraiment.
Si tu as du mal à choisir ce qui entre dans ce premier lot, j'ai écrit un article entier sur le sujet : prioriser les fonctionnalités de ton app pour enfin la lancer. Tu y trouveras ma méthode en 30 minutes et un exemple complet de marketplace.
Et surtout, n'attends pas que ton app soit finie pour commencer à en parler. Teste la distribution avant de peaufiner le produit. Concrètement, ça veut dire :
- Une page de présentation avant l'app. Une simple landing page qui explique ton offre et récolte des adresses e-mail. Si personne ne laisse son e-mail, tu as ta réponse avant d'avoir tout construit. Si tu veux t'y mettre, voici [comment créer une landing page efficace](/post/creer-sa-landing-page-qui-convertit).
- Un canal choisi dès maintenant. LinkedIn, une communauté, un groupe Facebook, une newsletter : choisis UN endroit où ton client idéal passe du temps, et commence à y être présent.
- Dix conversations. Avant ta mise en ligne, parle à dix personnes qui ont le problème. Pas pour leur vendre ton app : pour comprendre comment elles le gèrent aujourd'hui.
Le jour où ton lot 1 sort, tu ne pars plus de zéro. Tu as une liste d'e-mails, un canal, et des gens qui attendent ton app. C'est une tout autre histoire qu'un lancement dans le vide.
Et si tu rêves de quitter ton job pour vivre de ton app : garde-le pour l'instant. Construis le soir et le week-end, teste ta distribution, et ne pars que quand tu as un début de rentabilité.
Apprendre à créer ton app toi-même, oui. Mais pas seulement
On voit fleurir en ce moment plein de formations pour apprendre aux entrepreneurs à créer leur application eux-mêmes, avec Lovable, Claude Code ou d'autres outils d'IA. Et franchement, c'est une bonne nouvelle. Il y a quelques années, il fallait un budget conséquent et une équipe de développeurs pour sortir la moindre app. Aujourd'hui, tu peux construire une première version toi-même, à ton rythme, sans dépendre de personne.
Si tu as envie de te former, fonce. Comprendre comment ton app est construite, savoir la modifier, ne plus attendre qu'un prestataire te réponde pour changer un texte : c'est une vraie liberté.
Mais garde une chose en tête : apprendre à construire, ce n'est apprendre que la moitié du chemin.
La plupart de ces formations t'apprennent à produire. Enchaîner les prompts, ajouter des écrans, livrer plus vite. Très peu t'apprennent à vendre ce que tu as construit. C'est logique, ce n'est pas leur sujet. Sauf que si construire est devenu la partie facile, ce qui fera la différence pour toi, ce n'est pas ta vitesse de livraison. C'est ta capacité à trouver ton marché, à le comprendre, et à le convaincre.
Alors pendant que tu apprends à créer ton app, garde toujours un œil sur deux sujets :
- Ton marketing : qui sont tes clients, où ils se trouvent, quel message leur parle, comment ils vont entendre parler de toi.
- Ta stratégie commerciale : combien tu fais payer, comment tu transformes un curieux en client, et comment tu fais en sorte qu'il reste.
Imagine deux entrepreneurs (exemple fictif, mais tu vas vite reconnaître le scénario). Ils suivent la même formation et sortent chacun leur app en six semaines. Le premier a passé toutes ses soirées à peaufiner ses écrans. Le second a passé la moitié de ses soirées à construire, et l'autre moitié à parler à ses futurs clients et à raconter son projet sur LinkedIn. Le jour du lancement, le premier a une belle app et personne pour l'utiliser. Le second a une app un peu moins jolie… et une liste de personnes qui l'attendent.
Ralentir pour penser marketing : le slow thinking de l'entrepreneur
Je crois que les entrepreneurs qui créent leur app aujourd'hui doivent apprendre le slow thinking. L'expression vient du psychologue Daniel Kahneman, qui distinguait dans son livre « Thinking, Fast and Slow » la pensée rapide, intuitive, et la pensée lente, réfléchie. Appliqué à ton projet : arrêter de produire sans cesse, et prendre le temps de réfléchir à l'après.
Concrètement, l'IA te décharge d'une grosse partie de la technique. Profite de ce temps libéré pour penser plus business, plus go-to-market. Le go-to-market, c'est ta stratégie de mise sur le marché : à qui tu vends, avec quel message, par quel canal, à quel prix.
Quelques questions de slow thinking à te poser avant d'écrire le moindre prompt :
- Qui exactement a ce problème, et comment le gère-t-il aujourd'hui ?
- Où passe-t-il son temps en ligne ?
- Combien serait-il prêt à payer pour ne plus l'avoir ?
- Comment va-t-il entendre parler de moi la première semaine ? Et la dixième ?
Dans les grandes entreprises, il existe des gens dont c'est le métier : les Product Marketing Managers. Ils font le lien entre le produit et le marché, ils définissent le positionnement, le message, le lancement. Toi, tu n'as pas de Product Marketing Manager dans ton équipe. C'est toi. Et c'est peut-être le rôle le plus important que tu tiendras au début.
Ça ne veut pas dire que tu dois devenir marketeur à plein temps. Ça veut dire que tu dois moins penser technique et plus penser client. Qu'une heure passée à comprendre ton client vaut souvent plus qu'une journée passée à ajouter une fonctionnalité.
Je ne dis pas ça par principe. Dans mes années de Product Owner, les meilleures décisions ne sont jamais venues d'une nouvelle fonctionnalité livrée plus vite. Elles sont venues d'un moment où on a pris le temps de regarder ce que les utilisateurs faisaient vraiment.
Entrepreneur, tu vas devoir toucher à tout (et c'est une bonne nouvelle)
Au fond, créer ton app toi-même, c'est accepter d'être multi-compétences et multi-tâches. D'avoir un pied dans tous les domaines :
- le RGPD et la protection des données de tes clients ;
- le développement, même assisté par l'IA ;
- les bases de la sécurité ;
- le plan de communication ;
- le marketing ;
- et même le personal branding, c'est-à-dire ta capacité à être connu et reconnu sur ton sujet.
La couverture des sujets est immense. Tu ne seras plus seulement quelqu'un qui a une idée. Tu seras entrepreneur au sens plein : produit, technique, juridique, marketing et vente.
Ça peut faire peur. Moi, j'y vois plutôt une bonne nouvelle : c'est la revanche des créatifs et des multi-potentiels. De ceux qui ont toujours eu du mal à rentrer dans une seule case, qui s'intéressent à tout, qui passent du design au business en passant par la technique. Pendant longtemps, on leur a demandé de choisir une spécialité. Aujourd'hui, c'est justement leur capacité à relier tous ces sujets qui fait la différence.
Tu n'as pas besoin d'être expert en tout. Tu as besoin d'en savoir assez dans chaque domaine pour poser les bonnes questions, repérer ce qui manque, et aller chercher de l'aide quand il le faut. Un peu de RGPD pour ne pas mettre tes clients en danger. Un peu de marketing pour savoir à qui tu parles. Un peu de technique pour ne pas te faire balader.
Alors si tu es en train de créer ton app, garde en tête une chose : le jour de la mise en ligne n'est pas la ligne d'arrivée. C'est la ligne de départ.
Et toi, tu as déjà prévu ce qui se passe le lendemain de ton lancement ?
Si tu veux qu'on regarde ensemble ton lot 1 et ta stratégie pour trouver tes premiers clients, réserve un appel découverte.
Je m'appelle Eléonore et j'accompagne les entrepreneurs qui partent de zéro à créer leur application ou leur site web pour avoir les premiers utilisateurs.
Mes outils
- Lovable
- CLAUDE
- Webflow
- Make
- Glide
- Notion
- Airtable
- Bubble

